Pour la vie courante, on arrive à baragouiner, no soucy. Mais… on veut développer du business en ligne, et c'est là que ça se gâte.

« Pourquoi l'anglais, si vous visez la francophonie ? Il y a déjà largement de quoi faire ! » me direz-vous.

Parce que, et là, chers Français, vous n'allez pas aimer : quand on propose un truc original, sympa et bien bossé à un anglophone, il dit « I love this, I buy it! ». Un Français, lui, après de nombreux échanges, finit par vous dire : « Je teste la version gratuite et je reviens vers vous. »

Voilà !

Et çà c’est largement documenté. Dans les années 70, le psychologue néerlandais Geert Hofstede a mesuré comment chaque culture supporte l'incertitude. Il a appelé ça l'« indice d'évitement de l'incertitude ». Sur 100, la France tourne autour de 86. Les États-Unis, 46. Le Royaume-Uni, 35.

En clair : chez nous, l'inconnu inquiète, alors on contrôle, on vérifie, on attend d'être sûr. Chez eux, l'inconnu est une opportunité à tester.

Je ne nous en veux pas, j'ai longtemps été un pur produit 86.

Mais voilà depuis que mon CDI m'a quittée, j'ai rompu mon contrat avec Mme Parfaite. Celle qui attendait d'avoir tout méga balisé-anticipé-programmé avant de lancer ne serait-ce qu'une simple idée.

Aujourd'hui, j'ai envie de tout tester. J'essaie, même pas peur, et ensuite je vois.

Et c’est ce qui me fascine chez les anglophones : cette capacité à y aller, et on verra après. De toute façon, on sort toujours quelque chose de l'action, don't you think?

Alors on se remet à l'anglais, à 50 balais.

C'est bon pour le brain, le mindset et le business.